mardi 10 juin 2014

Permanence de l'usage.

Quand ça marche, pourquoi changer ?
Le plus simple est souvent le plus efficace et le moins fragile.
Bon, aujourd'hui, on ne peut plus évacuer ses eaux sales dans les ruelles, sous peine de contravention, mais on s'adapte, on s'adapte. La preuve :

un évier médiéval mis aux normes !


vendredi 23 mai 2014

Mensonges !

La notion de mensonge a varié au cours des âges.
Il n’est pas certain que les moines qui créaient de faux documents concernant la fondation de leur abbaye aient considéré cela comme une action répréhensible. 
Le pape lui-même avait donné l’exemple qui, au VIIIe siècle, avait fondé sa revendication de régner sur des États pontificaux sur un document appelé la Donation de Constantin. C’était un faux, magouille soutenue par Pépin le Bref qui savait payer ses dettes, affirmant que l’empereur Constantin avait fait don au pape Sylvestre 1er du pouvoir sur toutes les provinces de l’empire d’occident ! C’était pour une bonne cause, donc…
Un peu comme les promesses d’un homme politique en campagne électorale.
Ainsi, Pépin le Bref aurait accordé de généreux biens au monastère de Sarlat, au VIIIe siècle. Charlemagne, de retour de Roncevaux, lui aurait offert deux saintes reliques : un morceau de la vraie croix et une épine de la couronne du Christ ! Oui, bon, ne riez pas. C’était certes de grandes reliques, qui, si on avait pu en réunir tous les morceaux auraient atteint des tailles considérables, mais quand on voit ce qui passe à la télé aujourd’hui, on se demande si la crédulité des gens a vraiment régressé…
Qu’importe d’ailleurs, qu’importe que tout cela soit faux, il faut regarder le résultat. 
Prenez le Saint-Suaire de Cadouin. On peut se gausser de la naïveté des moines qui crurent voir dans ce tissu égyptien du XIIe siècle, décoré d’un texte arabe en écriture coufique à la gloire de Dieu, de Mohammad, d’Ali et d’un calife égyptien, le linge qui avait protégé la tête de Jésus martyrisé, mais on ne peut qu’admirer l’église romane et le cloître flamboyant qui lui servirent de refuge. Sans la sincérité et la générosité du roi Louis XI, nous n’aurions pas ces beaux bâtiments à visiter.


Ne nous moquons donc pas des moines de Sarlat possesseurs sincères de fausses reliques qui leur procuraient beaucoup de vrais bénéfices !


samedi 1 mars 2014

L’eau à Sarlat

     À Sarlat, l’eau est partout.
     Je ne parle pas seulement de la Cuze, notre célèbre Merdalou  et de ses bras qui traversent la ville du nord au sud, ni des fontaines, ni des diverses dérivations et canalisations créées au vingtième siècle pour tenter de maîtriser cette abondance qu'on a peine à imaginer, si on ne va pas voir dessous.
   Parce que dessous, c’est inimaginable, incroyable : toute la vieille ville semble creuse comme un emmental. Et ce n'est pas d'aujourd'hui que datent tous ces souterrains !
   C’est sans doute l’explication de l’état déplorable d'une rue comme la Traverse, cette rue de la République repavée il y a quelques années et qui a plus de nids de poule qu’un sentier de contrebandiers ! 
     Deux photos en diront plus qu’un long discours :

Un jour de pluie, dans la Traverse.

Ce tunnel est perpendiculaire à celui qui suit la Traverse sous terre !


Le bruit court que le problème devrait être résolu bientôt.  Attendons !

dimanche 2 février 2014

New, new, new… in English !

For over twenty-five years, I’ve been in Sarlat guiding visitors astonished by the quality of the architecture and layout of this small town nestled in a deep green valley, in the heart of the Dordogne. I 'm not tired of it. Let me show you how beautiful is Sarlat, let me tell you about the narrow and dark medieval streets. Here, local history and French History come alive !

mercredi 15 janvier 2014

La belle !…

Vous l’avez peut-être déjà rencontrée au détour d’une rue dans le Sarlat estival. Gouailleuse, passionnée, elle entraîne des dizaines de personnes hilares dans son sillage, c’est la belle Sarladaise ! Pour garder un souvenir de cet agréable moment passée avec elle, pour se souvenir de toutes les informations qu’elle a généreusement partagée avec vous, ou mieux encore, pour vous donner envie de la suivre au cours de la saison prochaine, achetez le livre numérique : La belle Sarladaise !



Pour plus d'infos sur le livrel, écrivez à : piesti@orange.fr

Pour suivre la belle Sarladaise en visite : http://www.sarlat-tourisme.com/la-belle-sarladaise-0

dimanche 29 décembre 2013

Le temps des excès…

La Soirée du Patrimoine 2013 devait commencer par la représentation de l’arrivée à Sarlat du Président de la République, Raymond Poincaré (21 septembre 1913). Elle fut noyée sous un déluge.

Le temps en 1913 était aussi pluvieux ce jour-là, mais les Sarladais, fidèles à leur réputation, surent accueillirent chaleureusement leurs visiteurs parisiens en leur offrant, dans l’ancien évêché, un banquet de cent cinquante couverts.

Comme nous sommes en période de grande bouffe, je vous propose le menu de ce banquet républicain :

Truite saumonée sauce tartare
Mignonnettes de veau aux truffes
Perdreaux truffés sur canapé
Rocher de foie gras truffé
Salade russe
Bombe glacée
Petits fours
Fruits

Pour les vins, on proposait :
Château Yquem 1895
Château Palmer, Margaux 1899
Chambertin 1898
Champagne Mumm, cordon rouge
Fine Champagne Hennesy x o (40 ans d’âge)

Étant un buveur d’eau par principe (et non, pas ennuyeux pour autant !) je ne ferai aucun commentaire sur la liste des vins. Mais ce que je remarque dans la liste des plats présentés c’est l’absence étonnante des légumes !

Décidément, c’est une tradition chez la plupart des restaurateurs, même – surtout – chez les plus grands. On a souvent l’impression que les légumes, rares, éparpillés dans l’assiette en petits tas comme pour occuper l’espace, ne sont pas des aliments intéressants.
Peut-être sont-ils difficiles à bien cuisiner ?
Même pas ! me confirme le Chef que je me garde sous le coude.
Ce goût excessif pour la viande, vue comme un aliment noble, vient sans doute de l’époque où seuls les riches pouvaient manger régulièrement de la viande (et du pain blanc !). Or on sait aujourd’hui que le pain blanc n’est pas bon pour la santé (je ne parle pas du goût) et que le pain bis ou complet est bien meilleur. On sait aussi que la viande, avec toutes ses qualités, a un effet négatif sur notre santé si elle est consommée en excès et on sait aussi qu’elle est plus coûteuse pour la nature à produire (sans parler des abattoirs…).
Changerons-nous d’habitude un jour ?













vendredi 20 décembre 2013

un vieux plan gravé


On dit toujours qu’une image vaut mille mot. C’est vrai aussi des cartes. Mais les cartes sont rares. C’est encore plus vrai des plans de villes.

J’adore ces plans en vue cavalière élaborés par de vrais artistes qui font rêver. Quel bon moyen de remonter les siècles ! On survole ainsi des communautés humaines dispares et, quand l'artiste est très bon, on peut même avoir l'impression de pénétrer dans l'intimité de ces gens disparus depuis des siècles. Belles machines à rêve.

Tenez, le plan de Vésunna, par exemple. Superbe. Évidemment, c’est ce qu’on appelle une vue d’artiste, mais les villes romaines sont faciles à imaginer, leurs constructeurs, peu imaginatifs mais entreprenants, suivaient minutieusement un plan officiel basé sur le cardo et le decumanus, les deux grandes artères perpendiculaires qui structuraient la ville. Si l’on connaît l’emplacement des arènes, du forum, de la basilique (tribunal) et des thermes, on peut imaginer facilement le reste, les maisons romaines sont connues par une documentation abondante. Regardez : on s’y croirait ! On reconnaît facilement la Tour de Vésonne et les arènes, grandioses qui ne sont plus aujourd'hui qu’un parc à jouer pour les enfants. 

Il n’en est pas de même au Moyen-Âge. On peut deviner, pour quelques grandes villes, un urbanisme plus ou moins précis, mais pour des villes modestes… Le plus vieux plan de Paris date de 1550 ; pour ceux de Bordeaux ou de Toulouse il faudra attendre 20 ou 30 années de plus ; celui de Sarlat date de 1627.
C’est-à-dire hier.
Plan de Tarde

C'est en baguenaudant l'autre jour que je suis tombé sur une gravure qui doit être assez ancienne, de facture naïve et approximative, mais où l'on reconnaît sans peine la silhouette de Sarlat dans ses remparts.




Plan gravé.


Qui s’est amusé à graver ce plan dans une pierre, sur un mur non pas caché mais discret ? À quel époque ? Et dans quel but ? Nous ne le saurons sans doute jamais.
Émouvant, non ?